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                                                        Les ophiolites de la haute Ubaye.

 

ph1 et2- La convergence de la plaque Afrique et de la plaque Europe à partir du Cs a eu pour conséquence la fermeture de l’océan alpin qui a subducté.  Ainsi s’est créé un prisme océanique qui s’est rempli de sédiments  tels que les schistes lustrés (SL) puis  les flyschs  à helminthoïdes (FH) ont fini de combler le prisme océanique.

L’affrontement des deux plaques avec début de subduction continentale s’ensuit. Mais la densité des roches de la croûte continentale étant la même, la subduction s’arrête pour reprendre un peu plus avant, puis se bloque à nouveau. Il se crée ainsi un prisme crustal (oligomiocène).

Les FH, derniers sédiments de l’océan alpin (Cs-éoc inf) sont les premiers à migrer vers l’Ouest, passant par-dessus le prisme crustal (la ZB =zone Briançonnaise) et va se retrouver en avant du front pennique (FP), sur la zone alpine externe ( la ZD =zone dauphinoise).

Une petite  partie de la lithosphère océanique échappe à la subduction et va remonter. On y trouve des gabbros, des basaltes, des péridotites et leurs sédiments associés : les SL (au sens large). Ils ont subi un métamorphisme SB -schiste bleu (BTHP), puis à la remontée, un métamorphisme SV-schiste vert (MPMT).

Par la suite, la contrainte venue, cette fois, de l’Est par la plaque Apulienne (dépendance de la plaque Africaine), associée à la rupture ou non du slab qui provoque un rebond isostatique, un coin du manteau de la plaque Apulienne (corps d’Ivrée) agit comme un poinçon vertical contre les alpes internes qui sont soulevées, serrées et une partie rétrocharriée vers l’ Est (mio-pliocène).

Les Alpes sont donc constituées de 3 prismes emboîtés.

La vallée de l’Ubaye traverse les 3 zones alpines (ZD, ZB, ZLP) en formant une succession d’anticlinaux et de synclinaux (si on ne tient pas compte des failles, chevauchements qui sont intervenus) - ph3.

Pont du Chatelet : ph4

Il sépare la zone Briançonnaise (dont l’anticlinal du Marinet)   du synclinal de  Meyronnes, Jausiers, Sérenne, occupé par les nappes de flyschs (dont la nappe du Parpaillon) qui reposent sur la ZD non visible ici.

Vue amont :  à son extrémité SW le flanc de l’anticlinal est vertical. Il est constitué de Js (marbre de Guillestre visible au niveau des appuis du pont.

L’Ubaye a creusé une gorge de 120m de haut dans ce verrou que le glacier würmien n’a pas réussi à éroder.

Les calcschistes (marbres en plaquettes) marquent le début de l’unité de Sérenne et donc du synclinal occupé par les flyschs de l’Embrunais-Ubaye.

C’est une zone sismique active. Les failles de Sérenne sont dans le prolongement de la faille de la haute Durance et traversent l’Argentera avant de se perdre en mer au large de Menton. Le séisme du 5 avril 1959, de magnitude 5,5 dont l’épicentre se trouvait non loin des Sérennes et provoqué d’importants dégats dans la vallée de St Paul sur Ubaye a laissé une trace encore visible aujourd’hui : le déplacement de la pointe du clocher de l’église de grande Sérenne. ph5

En arrivant aux deux premiers hameaux de Maurin, on peut voir, en rive droite, la fin de la ZB avec l’extrémité de l’anticlinal du Marinet déversé vers le NE. Il est chevauché , lors du serrage oligo-miocène par le massif de la Font-Sancte. ph6

Au dessus du troisième hameau de Maurin (combe Bremond), la rive droite est encombrée d’éboulis. On peut voir toutefois qu’elle chevauche (FC =faille de Ceillac) l’ancienne zone océanique (ZP et ZL) en poussant devant elle une écaille (Eissassa) qui constitue la dernière partie de la ZB. ph7

Les éboulis, en barrant le cours de l’Ubaye, ont créé le lac de Parouart en amont de combe Bremond, il y a quelques centaines d’années. Il avait une superficie de 21 ha en 1842. Il se comble, depuis,  par les apports des petits torrents actifs. Il mesure moins de 1 ha aujourd’hui. ph8-9.

Détails en rive droite : le massif du Péouvou imposant avec ses dolomies noriennes (trias sup) est chevauché par les unités ligures crétacées (schistes lustrés). ph10.

Autre vue avec, en arrière plan l’écaille de l’Eissassa. ph11.

Le Péouvou est une structure difficile à comprendre ; un morceau de la marge continentale de l’océan alpin qui se trouve au sein de la zone ligure (océanique constituée de schistes lustrés) et qui ne se prolonge pas en rive gauche de l’Ubaye.

Le troisième hameau de Maurin,  toujours en rive droite, Combe Bremond, se trouve à la limite ZB (avec l’écaille de l’Eissassa) et ZL (zone ligure, océanique).

ph12-13- La ZL est constituée de schistes lustrés  éboulés au niveau du sentier et intensément plissés. Ce sont des sédiments métamorphisés (métasédiments), ils recouvraient la croûte océanique qu’on retrouve sous forme de roches vertes, anciens basaltes métamorphisés (métabasaltes) encore appelés prasinites. Ils présentent une schistosité visible, quelques coussins (pillow lavas)  écrasés ; les minéraux qui les constituent témoignent d’un faciès Schiste bleu (BT-HP) ; ils ont donc subducté  jusqu’à une trentaine de km de profondeur. Les minéraux en sont la glaucophane et une autre amphibole (actinote).  Lors de la remontée la roche a subi un retrométamorphisme qui se traduit par un faciès schiste vert (MT-MP) ; les minéraux en sont albite, épidote, chlorite. ph14-15.

Face à l’église de combe Bremond, la rive gauche de l’Ubaye montre en plein sud, la tête de Miéjour (unité de Ceillac) chevauchée par l’unité du Marinet dont font partie les sommets visibles (Aiguille Large et aiguille Pierre André). ph16

L’unité de Ceillac chevauche à son tour l’écaille de l’Eissassa (un peu différente de la rive droite) on y voit les quarztites du trias et le verrucano permien ainsi que du  jurassique sup  un peu avant l’entrée de la carrière de marbre de Maurin qui appartient à l’unité ligure chevauchée par la ZB. ph17-18.

La carrière de Maurin a été exploitée pendant plus de 120 ans jusqu’en 1967 dans des conditions  difficiles (climat et accès). Son marbre (vert de Maurin) a été utilisé entre autres pour le tombeau de Napoléon, l’opéra de Paris, Notre Dame de la Garde et la cathédrale de la Major à Marseille…

L’affleurement de 200m sur 50m est situé entre 2000 et 2200 m d’altitude.

Recouvert par ses métasédiments (SL), c’est une portion de manteau qui est à l’affleurement. ph17

La roche est une serpentinite à gauche et une ophicalcite à droite de la carrière. ph19.

La serpentinite ou péridotite serpentinisée est massive, vert-noir. L’ophicalcite est une brèche de serpentinite lardée de veines de calcite. ph20-21.

La péridotite a été serpentinisée par des circulations hydrothermales. L’hydratation des minéraux de la péridotite (olivine,pyroxène) a formé des minéraux serpentineux et des oxydes (Fe, Mg). C’est un métamorphisme hydrothermal. L’ophicalcite a  en plus, des veines de calcite : c’est une brèche emballée dans un ciment calcitique hydrothermal, aussi. Le volume de ces roches a pu augmenter de 30%.

Les autres minéraux typiques du contexte d’hydrothermalisme  océanique (BP-HT) sont : chrysotile fibreux (stable à 250-300°C), antigorite lamelleux (stable jusqu’à 500°C), amiante, talc (toucher soyeux), séricite, chlorite, oxydes de fer et magnésium.

ph22- La montée dans le vallon de Chabrière montre, enveloppée dans les SL, une roche bien verte (pic du Pelvat-3220m, à l’Est et flanc de l’Alpet dont on ne voit pas le sommet, à l’Ouest). Le pendage général est vers le SW. Les documents consultés (geol-alp.com) indiquent qu’il s’agit d’un pli en synforme mais cette structure  n’est pas  évidente  pour nous. ph23.

Les sédiments qui reposent sur ces roches vertes sont des brèches de coussins (écroulement de falaises), des radiolarites, puis des marbres du Js et, enfin les SL.

Les blocs tombés sont plus faciles à interpréter. La photo 24 montre un gros bloc de la croûte océanique constitué de coussins empilés, plus ou moins étirés,  vus en coupe et en position renversée, car les ombilics  devraient être tournés vers le bas. ph25.

La trempe de la lave à 1200°C avec l’eau de mer à 4°C fait éclater les coussins qui se bréchifient sur place ou s’épandent en une couche de brèche le long d’une paléo-pente. ph26-27.

La bordure des coussins subit un métamorphisme hydrothermal : échange d’ions Ca de la lave contre ions Na de l’eau de mer. Les feldspaths calciques andésine ou labrador  se changent en albite sodique fibroradiée, ce qui donne un cortex variolitique aux coussins. ph28.

Ce cortex vitrifié se casse en petits morceaux, s’accumule entre les coussins donnant des brèches à hyaloclastites. Les circulations hydrothermales les transforment plus ou moins en ophicalcites. ph29.

Les minéraux amphiboles (hornblende, glaucophane) indiquent que cette croûte océanique a subducté (faciès SB) et l’épidote, albite, chlorite  (faciès SV) qu’elle a subi un retrométamorphisme lors de la remontée. ph30.

 

 

 

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