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A l’occasion de ma dernière sortie sur la côte bleue, j’ai pu constater que les sites de l’Estaque (Marseille 16 ième)

récemment décontaminés, dépollués  et nettoyés jusqu’à la roche, offrent désormais des affleurements

nouveaux et très lisibles. J’ouvre donc une page sur les sites de l’Estaque que nous avons visités.

Suite sur les pages Carry et Sausset.

                                               Sites de l’Estaque et Riaux, Le Marinier.

 

La carte géologique –ph1- montre une grande faille orientée NE-SW jusqu’au port de la Lave où elle se prolonge en mer et vers Corbière. C’est un réseau de failles.

On est là à l’extrémité d’une très grande faille : la faille d’Aix qui remonte vers le NE, passe par Meyrargues, se prolonge par la faille de la moyenne Durance, la faille du Vançon, la faille de la haute Durance et se perd sous le Montbrison non loin de Briançon.

4 arrêts vont être décrits-ph2- Corbière, port de la Lave avec quelques arrêts dans les calcaires et brèches de l’Estaque et de Riaux,  chemin de la Nerthe, près de l’ancienne cimenterie et  le Marinier.

    1-Corbière. -ph2 et 3-

Une grande faille NE, affecte les calcaires du jurassique supérieur dolomitisés  ainsi que la partie non dolomitisée située en dessous.

A droite de la faille, on ne voit que la partie dolomitisée, on trouve la partie calcaire, en bas de la route, près du port de la Lave. –ph4- elle a donc un rejet de plus de 80m et un jeu normal.

    2-port de la Lave. –ph 4 et 1-2.

La faille de la Lave (Aix) NE à fort pendage a aussi un jeu normal.

Sur la droite, au SE, les calcaires très blancs de l’Estaque alternent plus ou moins avec des brèches. Une sédimentation en éventail avec fort redressement côté faille indique un jeu synsédimentaire de cette faille. Dans  les calcaires on trouve des Charas, végétaux d’un groupe intermédiaire entre mousses et fougères –ph 5, 6 et 7-vivant  dans une eau douce à faible profondeur.Des sections de tiges et des oogones (fruits) sont bien visibles avec une loupe. Les datations donnent un âge rupélien sup (oligocène inf).

Avec un peu de recul, on voit bien le contact jurassique de la Nerthe et oligocène du bassin de Marseille, secteur Estaque. –ph8-

Et on peut voir presque de face la sédimentation en éventail qui se faisait pendant le fonctionnement de la faille. Vers le haut, les couches presque horizontales indiquent que cette partie du bassin  est pratiquement comblée.-ph9-

Un peu plus loin, on peut constater que les couches très redressées contre la faille normale et peu épaisses, en éventail, ont leur épaisseur qui augmente en allant plus vers le centre du bassin. Elles s’épaississent vers une autre faille normale qui devait aussi fonctionner et devait être située plus au sud, en mer, délimitant ainsi un bloc basculé hectométrique. –ph10-

La subsidence étant saccadée, à chaque jeu de la faille, les couches déposées se redressent à son contact. Il y a donc toujours un « creux », qui, même peu profond, est un piège à sédiments.

Les brèches qui alternent plus ou moins avec les calcaires lacustres témoignent du fonctionnement de la faille. –ph11-

Ebranlés par le jeu de la faille, des blocs tombent dans le bassin recouvrant le calcaire sur une certaine distance, ou les ravinant jusqu’à détruire, sectionner, emporter pour partie certaines strates, puis la sédimentation du calcaire lacustre reprend et recouvre les brèches jusqu’au prochain jeu de la faille.-ph12-

Certaines failles sont scellées : elles ont fonctionné un certain temps, puis, le bassin s’agrandissant, c’est une autre faille normale nouvellement formée qui fonctionne à son tour ; des brèches puis des sédiments calcaires la recouvrent alors et la scellent, -ph13-

En montant vers Riaux, on peut voir des failles normales qui affectent les calcaires de l’Estaque dont une montre clairement un jeu synsédimentaire. Accès impossible car trop escarpé et situé en propriété privée fermée, on peut sur photo,  mesurer ses différents rejets et reconstituer son histoire.-ph14-15.

-ph16- Mesures sur papier (en cm) et non en réel, propriété privée, fermée, et affleurement trop escarpé.

Mais le raisonnement est valable pour le réel.

-en a la faille  joue de 5 cm----rejet a = 5 cm.

-en b, la faille joue de 10 cm ----- rejet b  5+5 = 10 cm.

-en c la faille joue de 30 cm -----  rejet c 5+5+20 = 30 cm.

Dans l’ordre des événements :

1 . dépôt de c, puis la faille joue de 20 cm

2 . dépôt de b, puis la faille joue de 5 cm. Donc b =5 cm et c = 20+5 =25 cm.

3 . dépôt de a, puis la faille joue de 5 cm. Donc a=5 cm et b = 5+5 =10 cm et c =20+5+5 = 30 cm.

Vue sous cet angle, la faille ne semble pas scellée.

A chaque jeu de la faille normale, un creux se forme, se remplit de sédiments avant que la faille ne rejoue à nouveau et le creux se remplisse à nouveau, le tout avec une faible profondeur d’eau comme en témoignent les Charas.

Puis  le bassin s’élargit, avec de nouvelles failles actives et s’approfondit  de  la même manière : profondeur d’eau faible et subsidence saccadée.

-ph17- depuis la faille normale NE-SW, les sédiments s’affaissent en blocs basculés vers le SE. ; Ce faisant, ils se réajustent dans le sens NE-SW en petits blocs indépendants et on peut y voir des failles normales (voire inverses) qui repositionnent les différents blocs de façon stable.

   3- Chemin de la Nerthe.  Non  loin de l’ancienne cimenterie –ph1 et 2.

En regardant vers le SW, on retrouve le faisceau de failles normales qui abaisse la chaîne de la Nerthe vers la mer actuelle. On peut reconnaître le jurassique sup calcaire et le jurassique sup dolomitique renversé puis la faille normale de la Lave (Aix).-ph18-

Au pied de cette faille une brèche épaisse contenant un olistolithe de jurassique sup hectométrique est recouverte par les calcaires lacustres de l’Estaque mais l’érosion et l’action de l’homme masquent le contact calcaire-faille.-ph19-

    4- le Marinier.  –ph20 et 21-

Un peu plus haut, au NE, au Marinier, on retrouve la faille normale de la Lave (Aix).Ce hameau est situé dans un vallon très étroit, oligocène. C’est dans ce secteur que s’est ouvert le bassin de Marseille au rupélien sup (oligocène inf). L’ouverture s’est ensuite arrêtée avant de reprendre et se propager plus au sud à l’oligocène supérieur (chattien).-ph1 et2-

Conclusion :

Au rupélien sup, le bassin de Marseille s’ouvre au Marinier, bassin étroit, puis à l’Estaque. Au chattien l’ouverture se propage au reste du bassin.

Nature des sédiments : -calcaires de l’Estaque à characées.

                                      -brèches.

                                      -brèches chenalisantes, ravinantes.

                                      -brèches à olistolithes.

Sédimentation rythmée, saccadée due à l’activité des failles normales synsédimentaires d’orientation NE-SW (faille d’Aix) qui ouvrent le bassin.

Les brèches traduisent le jeu des failles normales. Pendant les calmes tectoniques, seuls, les calcaires précipitent dans le bassin lacustre et moulent ou prennent la suite des brèches.

Pas d’apports exotiques en provenance du massif corsosarde, ici, à l’Estaque.

La subsidence est tectonique, due au rifting qui a précédé la dérive Corsosarde au début du miocène.

Les sédiments sur blocs basculés sont des sédiments synrift.

La sédimentation synrift est en éventail.

Pas de sédiments postrift ici, mais à Sausset (Tamaris, Ste Croix,Beaumaderie).

Voir la page Sausset.

 

 

 

 

 

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