UA-49364818-1
La version de votre navigateur est obsolète. Nous vous recommandons vivement d'actualiser votre navigateur vers la dernière version.

 

 

                                              le massif d'Allauch

Le massif d’Allauch est une unité structurale bien nette. Il est situé dans le bassin de Marseille

et d’Aubagne qu’il domine de ses 729m au Plan  de l’Aigle (butte des Pinsots).  ph1

Il s’est bien individualisé lors de la phase de rifting oligocène, prélude à la dérive du bloc

corso-sarde au début du miocène. Lors du rifting,  le bassin de Marseille-Aubagne a été

découpé en une série de horsts et de grabens. Le massif d’Allauch en est le horst le plus haut ;

il est limité par des failles normales  qui lui donnent une forme en triangle (faille de l’Amandier

côté N et faille des Gavots, côté S).

Il porte toutefois sur son flanc méridional les traces du chevauchement pyrénéo-provençal

(éocène-bartonien 40MA).

En effet, le massif de l’Etoile qui a chevauché vers le nord à cette époque, est passé par-dessus le futur  massif d’Allauch. Des plis, des écailles, des failles inverses, des chevauchements, des klippes sont les marqueurs du raccourcissement qui a épaissi la couverture lors de cette phase pyrénéo-provençale.

La partie centrale du massif, de forme triangulaire, autochtone, est constituée de terrains allant du jurassique sup au crétacé sup mais il y a une lacune du barrémien au cénomanien ou au turonien. A la place, on trouve de la bauxite. C’est donc une série réduite par rapport aux terrains qui la recouvrent au sud ou  au nord. Cette série réduite correspond à un période d’émersion : le bombement provençal,  période pendant laquelle s’est formée la bauxite sous climat tropical, à partir des terrains qui sont absents.

On a donc, superposées, une série réduite et une série complète qui se trouvait plus au sud  (vers Marseilleveyre) et ramenée ici par la compression due à la phase pyrénéo-provençale, il y a 40MA.  ph2

Voici en résumé la structure que nous avons découverte  en 3 journées de sorties sur le terrain :

La partie centrale (série réduite) découpée à l’oligocène par des failles normales.

La nappe (série complète) qui vient, à partir d’une zone située vers Marseilleveyre,  chevaucher le massif puis  former  la chaîne de l’Etoile. Il en reste une klippe, le Garlaban, sur la partie centrale et une large bande sur la bordure sud et ouest du massif.

La nappe a entrainé sous elle des écailles :

---La série renversée (comme à la sainte Baume) entre Allauch et les Bellons.

---La série du bec Cornu, crétacé supérieur.

---La série triasique et liasique.

3 écailles qui se trouvaient quelque part au sud en direction de Marseilleveyre.

 

Le parking du cimetière du Claou (Allauch) se trouve au pied de petite Tête Rouge dans la zone centrale du massif, sur le crétacé sup  autochtone (turonien).  ph3

Le chevauchement de la série renversée passe au niveau du parking et de la route.

La faille normale de l’Amandier a abaissé le crétacé sup (coniacien, santonien) lors du rifting oligocène. ph4

Une petite bande de trias est visible dans une ancienne carrière proche du parking où le turonien autochtone est un peu perturbé par cet accident et le chevauchement de la série renversée.  ph5-6

Au pied de tête de Puy Rouge (hauterivien à faciès urgonien de la série renversée d’après la nouvelle carte au 1/50 000),  ph7 le cénomanien à rudistes, huîtres, nérinées… repose sur le turonien autochtone de la zone centrale. Ce cénomanien à faciès récifal constitue la base de la série renversée. ph8 à 11.

Voici une vue générale de cette série prise au pied de grande Tête Rouge avec la faille qui abaisse le coniacien. ph12-13.

En approchant de l’hauterivien à faciès urgonien, on arrive à la grotte des Pestiférés où persiste une partie des terrains aptiens –grès à glauconie- qui reposent sur le cénomanien à rudistes, base de la série renversée. Ce cénomanien est cisaillé avec des stries N20 qui indiquent le sens du chevauchement de cette série sur l’autochtone de la zone centrale.  ph14 à 20.

Vue générale du massif à partir de la grotte. ph21.

En allant vers Tête Ronde, on passe par 2 anciennes mines de bauxite, mines alignées du NW au SE.

La première, sous grande Tête Rouge, montre une discordance d’environ 5° entre son toit turonien et son mur hauterivien. ph22-23.

La deuxième était plus importante. Elle occupe une cavité karstique creusée dans le mur dont on voit encore quelques piliers dépasser.  ph24

Le cénomanien repose en discordance sur la bauxite et une petite faille normale abaisse le turonien par rapport au cénomanien.

Voici le miroir de la faille avec sa brèche de faille et le crochon qui indique le sens du mouvement. ph25-26.

Ce cénomanien, autochtone, renferme des fossiles : préalvéolines, huîtres, gastéropodes, rudistes ichthyosarcolites, lumachelle à huîtres ; ils témoignent d’un faciès plutôt lagunaire alors que le cénomanien de la série renversée au faciès récifal devait donc se trouver un peu plus au sud, entre Allauch et Marseilleveyre. ph27 à 30.

 

Aux Bellons, on a une jolie vue sur  les barres du St Esprit et la colline de Ruissatel, nappe qui entraine 2 écailles : la série triasique et liasique compliquée par  des strates à l’endroit et d’autres à l’envers et l’unité du bec Cornu qui prend la suite de la série renversée qui disparait  aux Bellons. ph31-32

L’unité du bec Cornu laisse en avant une klippe sur les barres du St Esprit, klippe de valanginien qui repose, strates verticales, sur l’hauterivien de la zone centrale affecté par une schistosité de fracture indiquant  le sens  du chevauchement de l’écaille du bec Cornu et donc de la nappe. ph33-34

Le chemin qui conduit à la  ferme des Camoins, au pied de bec cornu, passe dans l’unité de bec Cornu où on voit une bande de schistes noirs albiens chevaucher la zone centrale alors qu’elle-même est chevauchée par l’écaille de trias et lias et la nappe. ph35

Cette bande s’élargit aux abords du bec Cornu et dessine un synclinal à cœur aptien-albien qui chevauche la zone centrale. Nous n’avons pas pu voir au sud du bec Cornu. ph36

Le chemin de Garlaban montre ensuite des roches du trias (cargneules, gypse, marnes versicolores) de la série triasique et liasique  et la nappe, mais aussi la faille normale des Gavots qui a joué ou rejoué à l’oligocène. ph37-38-39

Puis le chemin s’élève entre Garlaban et le Baou des Gouttes dans le valanginien affecté par des déformations – plis, failles inverses orientés vers le nord, stylolithes (joint de pression-dissolution) dont on peut voir une dalle en 3D, la couche supérieure étant enlevée par érosion. ph40 à 43.

Ces déformations sont la conséquence de la mise en place de la nappe dont il reste aujourd’hui la klippe de Garlaban, pli anticlinal couché d’axe ENE-WSW, qui repose en discordance sur l’hauterivien de la zone centrale dont la surface présente des plans de schistosité de fracture, des escaliers de calcite qui précisent le sens du chevauchement. ph44 à 47.

Enfin, cette vue générale du sud du massif d’Allauch montre des failles normales oligocènes qui ont ensuite découpé le massif lors de la phase de rifting qui a précédé la dérive du massif Corso-Sarde. ph48.

 

 

Galerie d'images