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                                                      Le bassin de Roquebrune Cap Martin

 

L’arc de Nice et l’arc de la Roya sont les chaînes subalpines les plus externes au sud des Alpes.

Ils résultent du déplacement des couvertures secondaires et tertiaires du massif cristallin de l’Argentera,

décollées au niveau du trias.

L’arc de Nice a une structure plissée puis écaillée au sud (écaille de Beauvoisin, écaille de Monaco).

Il est bordé par deux zones de failles décrochantes (FD) qui lui donnent cette forme d’arc. ph a

Cet arc est limité à l’ouest par la FD dextre d’Aspremont et à l’Est par la FD senestre de Breuil-Sospel-Monaco

et la FD senestre du Mont Gros. Ces deux FD  sont connectées, reliées, par les écailles de Cime de Biancon qui

chevauchent vers le sud et accommodent leur  mouvement décrochant, ainsi que le chevauchement du Mont Agel.

Il y a deux grandes déformations : --des plis N140 (anticlinal jurassique de Cap Martin) fin éocène-oligocène,

dus au plongement de la plaque européenne sous la plaque apulienne.

                                                       --et des chevauchements N-S postérieurs, miocènes (Mt Agel, fonctionnement des

FD qui déplacent l’arc de Nice par rapport à l’arc de la Roya), dus à l’exhumation du massif de l’Argentera.

Le bassin de Roquebrune Cap Martin (RCM) est situé dans l’arc de la Roya, tout contre l’arc de Nice au niveau de la FD senestre du Mont Gros. Il est d’âge miocène. il a fonctionné de l’aquitanien au tortonien.

Sa formation est à relier au fonctionnement de la FD de Mt Gros, donc pendant la mise en place de l’arc de Nice : autrement dit, son remplissage est lié à la mise en place de l’arc de Nice. ph b.

C’est donc un bassin syntectonique. Son épaisseur est maximale à l’aplomb de la FD (400m environ) et les faciès évoluent d’Ouest en Est : brèche près de la FD puis poudingues et grès un peu plus loin. Présence d’olistolithes et de brèches cimentées dans les poudingues qui viennent des reliefs du Mt Gros.

Le bassin était un delta (sédiments fluviatiles et marins, notamment des fossiles), ouvert sur la méditerranée nouvellement créée par la dérive du continent Corso-Sarde. Les cours d’eau venaient du nord, et à cause de la FD, il était asymétrique.

6 arrêts nous ont permis de le découvrir dans son contexte structural.

Arrêt 1 : route du mont Agel. ph1-2-3.

Sur notre gauche, au sud, l’anticlinal de cap Martin, à cœur jurassique, d’axe N140.

Très belle vue sur Monaco, la Turbie.

On est sur l’arc de Nice, zone des écailles qui chevauchent vers le sud  (unité de Beausoleil, unité de Monaco)  jusqu’en mer.

Derrière, le mont Agel  chevauche les terrains crétacés, en passant sur des anticlinaux d’axe N140. Chevauchement N-S,  lié au fonctionnement des 2 FD senestre (Mont Gros et  Breuil-sospel- Ste Agnès-Monaco) et du relai chevauchant vers le sud (écailles de Cime  de Biancon).

On a donc une vue, un aperçu des deux grandes déformations superposées.

Arrêt 2 : chemin des Vallières.  ph4-5-6-7.

On a une vue sur la FD senestre qui affecte le jurassique sup du Mont Gros.

L’éboulis bréchique au pied de la faille passe latéralement à des grès et poudingues.

Au niveau de l’autoroute les poudingues ont un pendage SSE avant de se redresser contre la faille. Leur épaisseur est maximale : environ 400m. ph b.

Les galets ont un tuilage indiquant un sens d’apport N-S. Certains sont cassés perpendiculairement au sens d’apport.

Les galets sont polygéniques ; ils proviennent des terrains secondaires et tertiaires  drainés par les anciens cours d’eau qui les ont déposés.

Plusieurs olistolithes et brèches cimentées, monogéniques, sont incorporés dans les grès et poudingues ; ils viennent du relief du Mont Gros et sont tombés dans le bassin en formation lors des jeux  de la faille.

Arrêt 3. Virage en épingle avant le chemin de la coupière.       ph8-9.

Un chenal au sein des poudingues  présente lui aussi un axe N-S. les galets  sont polygéniques,  la  matrice  est gréseuse, ils indiquent aussi un sens d’apport N-S.

Arrêt 4. Chemin de la Coupière.   

On a une vue sur l’étendue de ce petit bassin de 4km² seulement.

A l’Est, vers Vesqui les poudingues  reposent sur  l’anticlinal Js de Cap Martin d’axe N140, pli qui correspond à la première phase de plissements  qui affecte les arcs de Nice et de la Roya. ph10-11.

Au nord, sur le chemin, on peut voir le contact entre les poudingues miocènes en  discordance sur  le crétacé sup marno-calcaire  du  flanc ouest, érodé, de l’anticlinal de Cap Martin. Pendage 45°S. ph12.

La vue vers le nord  est plongeante sur le village de Gorbio bâti sur le crétacé sup chevauché par les écailles de Cime de Biancon qui  permettent le mouvement senestre des FD  (Ste Agnès - Sospel et Mont Gros).  ph13

En se dirigeant vers la FD du Mont Gros, le chemin traverse les brèches.  ph14.

Le passage des poudingues aux brèches se fait au niveau de la dernière habitation, après la barrière.  ph15.

La FD a une composante verticale qui a permis le remplissage du bassin  de manière

asymétrique  (400m d’épaisseur contre la faille) et provoqué des éboulements qui ont donné cette brèche et les olistolithes au sein du bassin : c’est un bassin syntectonique.  ph14-16-17-ph b.

Dans cette brèche on trouve des fossiles marins côtiers : débris de lamellibranches, valves d’huîtres, pectens, et autres. Les écroulements se faisaient dans un delta marin (mélange fossiles, galets arrondis, galets ou blocs anguleux), les cours d’eau arrivaient du nord, de l’arc de la Roya. ph18-19-20-21-phb.

Arrêt 5. Gorbio.  ph22-23-24-25.

Sur la place du village un orme planté en 1713, au tronc creux, est encore décoré de guirlandes.

A la sortie du village, bien visible, le contact entre les marno-calcaires du crétacé sup et les écailles jurassiques de la Cime de Biancon déplacées vers le sud.   Chevauchement E-W  penté vers le nord qui fait office de relai entre  les FD de Ste Agnès-Sospel et du Mont Gros. Sur la route qui conduit vers Ste Agnès , les couches verticalisées du jurassique supérieur chevauchent le crétacé supérieur.

Arrêt 6. Ste Agnès.   ph26-27-28-29.

Village littoral le plus haut d’Europe 680m au fort de la ligne Maginot.

La vue est unique sur la baie de Menton. Perché au dessus de la FD, le muret  empêche d’avoir le vertige.

-Le village de Castellar dans le crétacé sup  est chevauché par le relief jurassique qui ferme l’horizon vers l’Est.

-Le bassin flexural (priabonien, oligocène) de Menton, est très boisé. Deux cours d’eau le traversent du nord au sud, venant de deux synclinaux non visibles de ce point de vue.

Ce  bassin flexural est plissé E-W, mais aussi contre le chevauchement de la Cime de Biancon.

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