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                                                        le bassin de Barrême.

Le bassin de Barrême qu’on nomme souvent synclinal de Barrême n’est synclinal que dans sa partie Est,

à cœur oligocène. Son flanc Ouest se présente sous la forme d’un monoclinal. D’un axe N-S, il est déjà

structuré dès la phase pyrénéoprovençale : les conglomérats d’Argens témoignent de l’érosion des

massifs calcaires situés au Sud. 

La formation des Alpes va créer devant le prisme orogénique, résultat de la  collision de la plaque Europe

et de la plaque Apulie, un bassin flexural d’avant-pays qui va ensuite être chevauché et incorporé à la chaîne

au cours de sa surrection et de sa progression vers l’Ouest.   Ph1-2

La partie proximale du bassin flexural en voie d’approfondissement va être le siège d’une sédimentation

importante caractérisée par la trilogie du priabonien et du rupélien à savoir :       

                                   a – calcaires nummulitiques priaboniens ; faciès carbonaté peu profond.

                                   b – marnes bleues pendant tout le rupélien (oligocène inf) ; elles caractérisent

                                        l’approfondissement du bassin.

                                   c -  turbidites et poudingues matérialisent le remplissage avec, à la fin, un

                                       environnement deltaïque (Clumanc- St Lions).

A partir du chattien (oligocène sup), le bassin est incorporé à la chaîne qui le chevauche et le fait migrer vers l’Ouest. Les sédiments de cet épisode sont des dépôts continentaux fluviolacustres issus de l’érosion des Alpes (molasses rouge, grise, verte).

Les rivières, aujourd’hui, s’écoulent toujours dans le même sens (du N vers le S) ; elles devaient être plus longues à cette époque pour drainer des matériaux issus des Alpes internes.

Le moteur possible de cette incorporation du bassin flexural à la chaîne en formation serait le  poinçonnement  de la plaque européenne par la plaque apulienne. Celle-ci  a entrainé et écaillé la zone d’Ivrée, laquelle a soulevé et soumis à l’érosion les Alpes internes (Queyras, Viso, Dora-Maira), modifié les mouvements du manteau, ce qui a généré un volcanisme andésitique (St Antonin).  Ph3

Plus localement, le diapir de Gevaudan a dû, lui aussi, provoquer un plissement synsédimentaire : celui de l’anticlinal de Malvoisin, au moins.

Ph 4-5    carte géologique très simplifiée et log.

 

 1- le bassin de Barrême :

D’axe N-S, il présente un flanc Ouest monoclinal (jurassique, crétacé inf, éocène) à pendage Est et un flanc Ouest sans crétacé inf, mais avec du crétacé sup, puis une zone très plissée en anticlinaux et synclinaux perturbés par la présence de diapirs.

Ph 6-7-8-9

2 – avant le bassin flexural : les poudingues d’Argens (lutétien-bartonien, 48 à 37,2MA). Ph 10-11-12

Les poudingues d’Argens se mettent en place à partir des reliefs formés pendant la phase pyrénéoprovençale (40MA). Les galets en calcaires locaux, très gros, témoignent d’un transport court.

On peut y voir une succession de chenaux et de plaines d’inondation, des chenaux emboîtés, des failles….l’écoulement se faisait du Sud vers le Nord.

3 – remplissage du bassin flexural : Trilogie du priabonien et rupélien.

------les calcaires nummulitiques :

Il y a une  discordance entre les marnes aptiennes et les  calcaires nummulitiques.

Pendage N/S, 30°E pour l’aptien et pendage N/S, 40° à 45°E pour les calcaires nummulitiques  priaboniens (éocène) 37à 34MA.  

Donc dépôt des calcaires sur une surface érodée. Ph13

C’est un calcaire argilosableux, de couleur rousse ; il renferme de nombreuses nummulites, des  lamellibranches, quelques polypiers, des débris de coquilles : c’est la première étape de la transgression dans le bassin de Barrême qui commence juste  à s’approfondir

--------les marnes bleues :

Marnes calcaires et sableuses qui se déposent pendant tout le rupélien (37 à 28,5MA-oligocène inf). Elles  contiennent les grès de ville, de Senez, et les conglomérats de Clumanc et de St Lions. -------   ph-5--14-15

Elles caractérisent la transgression qui commence dès le priabonien et s’amplifie au rupélien dans le bassin flexural.

Les grès de ville, calcaires, riches en paillettes de micas blancs, débris de coquilles et de végétaux marquent des épisodes de début de régression, de fluctuation de la ligne de rivage. Les minéraux lourds étudiés proviennent des Maures-Estérel et des volcans de St Antonin (Evans,2004).

Des figures de courant indiquent le sens des apports, mais les figures trouvées n’étaient pas en place. Les études montrent  qu’ils proviennent du SE.

--------les turbidites et les conglomérats :

Grès de ville, conglomérats de Clumanc en 4 lentilles (ici la deuxième). Ph16 à 19

A la base de ces conglomérats les galets sont calcaires,  la matrice est un grès grossier. Au-dessus, les conglomérats se chargent en galets exotiques (basaltes, serpentinites, radiolarites, andésites, gabbros).

Dans les grès associés, on peut voir des séquences de turbidites de type AC (grès grossiers et convolutes) avec à la base des cannelures provoquées par des objets traînés et des flutes cast (figures de courant). Les mesures  du sens du courant indiquent des apports provenant de l’Est et d'autres du Nord, en accord avec les galets exotiques qui viennent des Alpes internes et de St Antonin (andésites).

Donc, le bassin continue de se remplir, les faciès sont devenus fluviatiles. Le sens des apports est différent, les Alpes internes fournissent les matériaux détritriques ; elles se sont soulevées. Il y a régression. Le paysage devait être une plaine alluviale avec des chenaux fluviatiles

-----------présence d’olistolithes dans le bassin flexural.

La butte St Jean  à Barrême est constituée de calcaires sénoniens qui, avec leur base brèchique, reposent  sur le calcaire nummulitique tertiaire (priabonien).

Il s’agit d’un olistolithe  détaché du rebord  d’une falaise pendant la transgression nummulitique.   Ph20

Falaise située à l’Est (vers Gevaudan), car il n’y a pas de sénonien à l’Ouest de Barrême. Il faut admettre que l’érosion a fait reculer la falaise sénonienne vers l’Est depuis la chute de ce bloc au tertiaire.

4 – fin du remplissage et début du soulèvement du bassin flexural : fin du rupélien.

---------Clumanc.

Une vue vers l’Est, montre la discordance entre les conglomérats et les marnes bleues au niveau du château de Clumanc.  Ph21

Sur la route qui conduit à Clumanc, on peut voir le pendage vers l’Ouest des conglomérats.  Ph22

La vue de la butte vers le nord montre cette fois un pendage vertical pour les conglomérats.    Ph23-24

On peut donc reconnaître une sédimentation en éventail. Il s’agit d’un pli qui progresse de l’Est vers l’Ouest, d’un pli synsédimentaire qui  a commencé avant le dépôt des conglomérats (discordance) et a continué ensuite.

Le bassin flexural commence à être soulevé sur son flanc Est.

----------St Lions.

 ++St Lions- cimetière.   Ph25-26

Les conglomérats de St Lions, semblables à ceux de Clumanc, présentent eux,  aussi, une sédimentation en éventail. Il s’agit encore d’un pli synsédimentaire qui se propage du Nord vers le Sud ; c’est dû au  pli anticlinal de Chaudon Norante qui est comprimé localement car on est dans une zone complexe (nappe de Digne, mais aussi arc de Castellane).

++ St Lions- coulet rouge.

Sur les marnes marines à natica, on voit le conglomérat qui présente des clinoformes (formes inclinées) et au-dessus, il est horizontal ; il s’agit de foresets et de topsets  qui caractérisent un delta.   Ph27

Le sens du courant vers le Sud est donné par l’orientation des clinoformes.

On a donc, fin rupélien, un petit delta qui prograde vers le sud.  Il y a un changement de topographie.  Les courants qui venaient de l’Est, viennent maintenant du nord. Il y a régression, vidange vers la  mer qui est au sud.

5 – dernière transgression dans une partie du bassin.  St Lions. Ph28-29

Un bioherme à coraux et lamellibranches affleure au sommet du coulet rouge. Il a été daté du début du chattien (28,5 à 23MA). Il s’agit de la toute dernière incursion, très rapide, localisée, de la mer très peu profonde (faciès récifal). Les dépôts vont devenir continentaux.

6 – le bassin flexural est incorporé à la chaîne : chattien (oligocène sup).

----------molasse rouge datée du chattien (oligocène sup).   ph30-31

Elle est constituée de sables grossiers rouges plus ou moins consolidés et de chenaux dont les galets sont des calcaires locaux mais aussi des galets provenant du remaniement des conglomérats de Clumanc et de St Lions.

Donc environnement fluviatile avec chenaux et plaine d’inondation, les molasses rouges marquent l’émersion du bassin de Barrême.

---------les molasses grises puis vertes :

L’affleurement commence par un dépôt de poudingues puis une alternance de grès, calcaires, marnes sableuses à micas blancs et grains de quartz. Ces strates contiennent des fossiles : Helix terrestres, lamellibranches, et une faune saumâtre à Bithynies (à cause du gypse de Gevaudan tout proche). Des figures sédimentaires (rides de vagues) complètent nos observations. On a ici un environnement qui passe d’un milieu fluviatile à un milieu lacustre. Age : fin du chattien.   Ph32 à 37

 La molasse verte datée de l’aquitanien (23 à 20,5MA- miocène) fait suite à cette molasse grise. La couleur est due à des grains de serpentinites et des pyroxènes de roches basaltiques. Ce sont des apports continentaux venus du nord.   Ph38

Le bassin est incorporé à la chaîne, soulevé, il n’y a plus que des dépôts continentaux qui proviennent des Alpes internes.

7 – la mer est à Senez : fin rupélien.

--------anticlinal de  Malvoisin.     Ph39-40-41

Au cœur de l’anticlinal les marnes bleues, surmontées par les grès de Senez (équivalents latéraux des conglomérats de Clumanc et de St Lions) qui sont terminés par des conglomérats. Age rupélien.

On peut constater que les dépôts sont plus épais au SW. Au-dessus, la molasse rouge (chattien) dans laquelle une sédimentation en éventail est visible.

C’est un pli synsédimentaire, comme à Clumanc, qui a commencé à se former dès le dépôt des grès.

Dès la fin du rupélien et pendant le chattien le bassin flexural est incorporé à la chaîne alpine.

----------grès de Senez.    Ph42 à 45

Non loin du village, une barre de grès grossiers à débris de fossiles, s’est éboulée  en partie et présente un danger pour les habitants. On peut y voir des stratifications obliques bien marquées qui indiquent une progradation de la barre vers le nord.

En s’approchant, de nombreuses rides de vagues sont visibles. La mer est peu profonde.

Il y a progradation vers le nord car la vidange du bassin flexural du nord vers le sud fait monter le niveau de la mer qui était ici, à Senez.

En résumé, les apports détritiques qui ont rempli le bassin flexural pendant la transgression de la fin éocène sont venus d’abord du Sud (Maures, Estérel, Corse, Sardaigne), puis lorsque la chaîne alpine interne a commencé à se soulever puis à chevaucher vers l’Ouest, ils sont venus de l’Est (St Antonin) et du Nord.   Ph46

Les poudingues de Clumanc et le delta de St Lions sont l’illustration de la vidange qui s’effectue alors vers le Sud  et qui fait monter le niveau de la mer qui prograde un peu vers le Nord à Senez.

Il y a modification du bassin suite aux compressions qui donnent les plis synsédimentaires côté Est ; le diapir de Gevaudan a joué aussi un rôle dans la formation de ces plis.

Le résultat en est l émersion du synclinal qui est incorporé à la chaîne alpine ; les Alpes continuant de se soulever, le synclinal aussi ; d’où les dépôts continentaux de molasse rouge, grise, verte.

Aujourd’hui, soumis à l’érosion à son tour, les matériaux transportés par les cours d’eau (Asse de Blieux, Asse de Clumanc, Asse de Moriez) participent au comblement du bassin flexural actuel qui est le plateau de Valensole.

 

 

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