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St Paul lez Durance, son travertin et ses grottes.

                                                              St Paul lez Durance

——le village de St Paul les Durance est situé en rive gauche de la Durance, et au nord du pli de Mirabeau-Vautubière.

Le pli de Mirabeau est un anticlinal déversé vers le nord (pli en genou), érodé ; il ne reste en relief que le jurassique supérieur. il a perdu environ 1500m de hauteur

Au flanc nord du pli, les couches érodées du crétacé inférieur sont verticales puis s’inclinent  au niveau du rocher de St Eucher et de St Paul.   Ph1-2-3.

 

——le village se trouve non loin de la FMD, qui est en réalité un couloir faillé. Ph1.

Les sources, exutoires du massif de Vautubière, sont situées le long de ces failles satellites de la FMD. Dans le lit majeur de l’Abeou qui prend sa source à la Verdière (var).

Le village est bâti au-dessus des calcaires du crétacé inférieur  (n3)  qu’on ne voit pas car recouverts par des formations quaternaires glaciaires.

Au niveau de la future aire de camping cars il y a un poudingue , daté de la deuxième glaciation, la plus importante (riss- 250 000ans). Ce poudingue est constitué de galets calcaires locaux amenés en bord de Durance par les petits cours d’eau aujourd’hui à sec et situés dans l’enceinte de Cadarache.  Ph4.


 

Une glaciation, en aval des glaciers, est caractérisée par le dépôt de deux formations :

—–1.terrasse composée de galets formant une roche appelée poudingue.

Elle se forme lorsqu’il y a peu d’eau relâchée par le glacier ; le cours d’eau divague dans ses alluvions, le lit mineur seulement est occupé par le cours d’eau. La terrasse sera mise en relief lors de la période interglaciaire pendant laquelle  la vallée va se creuser.

——2. Les vents polaires qui passent sur les moraines emportent des poussières qui vont se déposer en aval dans la vallée et constituer une couche de loess, terrain fertile.  Ph5-6.  Voici les deux formations superposées à l’entrée de la Brillanne (04). Ph7.

——ici, la Durance ayant eu de nombreuses et fortes crues, a tout emporté ; il n’y a plus de galets, il reste simplement la surface d’érosion sur laquelle on a bâti, sans fondations,  la chapelle Ste Madeleine.   Ph 8-9.

Le loess, piégé entre les couches verticales du pli de Mirabeau est visible entre deux couches, mais aussi à  l’entrée de St Paul.  Ph10-11-12.

En période interglaciaire, les sols gelés, cryosols, permafrost, dégèlent ; l’eau ruisselle alors, des sources voient le jour et il se forme des travertins avec l’eau qui pétrifie les végétaux, les cadavres d’animaux, les coquilles…. Ph 13.

St Paul est bâti sur des travertins de l’interglaciaire riss-würm, situés sur les poudingues (glaciaires) du riss (aire de camping car). . ph14-15.

Il  y a aujourd’hui 2 sorties d’eau à travers ces travertins : l’Abéou et une exsurgence située non loin du stade ; un bassin agrémente cette sortie d’eau. ph 15-17-18.

Le calcaire se dissout en présence d’eau et de gaz carbonique  selon la réaction indiquée  ph19 -(sens1).

L’eau est amenée par la pluie. Le gaz carbonique par la respiration des êtres vivants (animaux, végétaux, micro-organismes).

La réaction peut se faire dans l’autre sens (ph19-sens2) ; le bicarbonate de calcium perdant du gaz carbonique redevient du calcaire insoluble.

Il y a des conditions à respecter :

Sens 1 si la pression augmente (donc en profondeur) ou si la température est basse (donc en surface), c’est-à-dire que le calcaire se dissout mieux en profondeur ou si l’eau est plutôt fraîche. La pression peut augmenter également par choc (cascade).

Des cavités se forment au passage de l’eau  de pluie ou de rivières souterraines (grottes, avens…) ;

Les corps dissous (ions) sont entourés par des molécules d’eau qui les empêchent de se reformer et les transportent plus loin (ph20 et21).

Des cristallisations apparaissent (stalactites, stalagmites, draperies…) lorsque les conditions s’inversent (sens 2) ou lorsque la photosynthèse intervient  (fontaines pétrifiantes, travertins). Les molécules d’eau sont déstabilisées et libèrent les ions transportés.

Un autre facteur intervient également. La présence de gypse favorise la précipitation de calcaire par échange de l’ion sulfate contre l’ion bicarbonate.

D’où pourrait provenir ce gypse ?

Des sources qui s’échappent du massif karstique de Vautubière par des failles qui font parti des failles de la Durance. Ces failles atteignent le socle, donc le gypse du trias, pas très profond dans ce secteur (maximum 2 km). –ph21bis.

Une analyse des eaux des sources des Laurons et de Font Reynaude devrait indiquer s’il y a présence de sulfates (gypse) en quantité anormale.

———-la cascade de l’Abéou nous montre comment se construisent les formations de travertin.  Ph 22.

++Les eaux qui proviennent de l’Abéou et surtout des sources issues des failles satellites de celle de la moyenne Durance, sont plutôt fraîches et, en chutant, la pression augmente. La réaction chimique s’enclenche dans le sens 1 : le calcaire se dissout au passage de l’eau ; des conduits et des cavités de forment.

++Quand l’eau coule moins vite, avec un faible débit, voire très faible, le calcaire précipite (sens 2 de la réaction) sous l’action de la température un peu plus élevée mais surtout de la photosynthèse des végétaux et micro-algues et la présence de gypse peut amplifier le phénomène. Des auvents progradants pétrifiant végétaux, débris divers, algues,mousses….se forment et les cuvettes creusées se tapissent de cristaux de calcite.

Des stalactites, stalagmites, concrétions diverses grandissent, là où passe l’eau  lentement.  Ph23-24-25.

On voit donc que ces travertins ont des parties creuses qui peuvent former des grottes au fil du temps, de la progradation des auvents et de la divagation des eaux souterraines. Ph26-27.

C’est ainsi que se sont formées les grottes au sein des travertins qui sont sous le village des St Paul Lez Durance.

résultats d’une analyse:   Les eaux sont bicarbonatées calciques, magnésiennes, parfois sulfatées.

photos complémentaires- ph30-31.