le dôme de Barrot (06).

                                                       Le Dôme de Barrot

Le dôme de Barrot et un petit aperçu sur une partie de l’arc de Castellane, la partie E-O, à savoir, les synclinaux à cœur paléogène et les synclinaux à cœur crétacé.-ph1.

Sortie sur deux jours.                                                                                                                                    Premier jour : dôme de Barrot par les gorges de Daluis.                                                        Deuxième journée : synclinaux paléogènes les plus proches du dôme (Annot, Agnerc), montagne du Cheiron et écailles de Calern, Caussols.

Le dôme de Barrot est un anticlinal de 15 km de long sur 5 km de large-ph1. Il est limité à l’Ouest par un système de failles décrochantes qui se prolonge jusqu’après   Annot  (faisceau de Rouaine). Le Var le traverse dans sa partie Ouest, le Cians dans sa  partie Est.

On y trouve 3 éléments superposés :

+un socle constitué, ici, de permien et de trias inférieur (werfénien) qui forme un bombement régulier (pendage sud côté sud et pendage nord côté nord).

+une série déformée (trias moyen et suoérieur) solidaire du socle permien ; au nord, elle est affectée de plis déversés vers le sud –ph2-3.

+une couverture jurassique, crétacé et tertiaire très épaisse (2000m environ) et décollée, plissée au sud du dôme –ph4.

Au nord du dôme, le massif de l’Argentera, massif cristallin hercynien est recouvert en discordance par le permo-trias puis le jurassique et le crétacé – reliques de l’océan alpin. Après la collision à l’éocène, les nappes du flysch à helminthoïdes recouvrent l’Argentera et vont jusqu’au front pennique à l’oligocène. Les bassins flexuraux progressent de même vers l’ouest. Ce n’est qu’à partir du miocène que se soulève le massif de l’Argentera (entre 12 et 3 Ma). La couverture glisse alors vers le sud.-ph5. Le socle hercynien est donc impliqué                                                                                                                                                                Cette couverture forme des synclinaux plutôt larges, à cœur paléogène, séparés par des anticlinaux étroits.- ph6- A partir du massif du Cheiron, elle forme des écailles qui chevauchent les synclinaux à cœur crétacé avec des plans de chevauchement très inclinés vers le nord  -ph7,8,9et 1 -ensuite, des plans de chevauchement presque horizontaux pour les écailles le plus au sud –ph10 à16 et 1. La photo 17 est une coupe de ces écailles.

La montagne du Cheiron est un anticlinal coffré.  On voit bien les pendages presque verticaux sur son flanc nord. Il est bifide vers l’ouest et chevauchant vers le sud  –ph18 et 1. Un belvédère offre une vue panoramique exceptionnelle par beau temps –ph6.

Ces écailles à ossature jurassique sont très karstifiées ; de très nombreux et très profonds lapiaz occupent une grande surface –ph19.

Des poljés occupent les dépressions avec au moins une perte (embut).  Les photos 20 à 25 montrent les embuts de Gréolières  les neiges, de Caille, de Caussols. Ces pertes alimentent des résurgences situées plus bas. Ainsi la perte de Caussols alimente la résurgence de Bramafan dans la vallée du Loup. La perte de Gréolières les neiges, la source de Vegay et de la gravière respectivement au nord et à l’Est du Cheiron. Lors de fortes pluies, les pertes ne peuvent pas toujours évacuer assez vite l’excès d’eau et il y a des inondations autour de ces pertes.

On peut constater que ces écailles (leurs synclinaux) ont une altitude plus élevée que les synclinaux paléogènes. L’eau s’infiltre tellement qu’il n’y a aucune rivière capable de creuser des vallées, ce qui n’est pas le cas au nord du Cheiron, où le Var, l’Estéron,  par exemple, ont creusé des vallées profondes et  des clues (3 clues pour l’Estéron dans ce secteur : clue de St Auban, d’A iglun, des Mujouls).

Après  le synclinal Entrevaux – puget- théniers et l’anticlinal éventré, à cœur aptien-albien d’Entrevaux, le pont des Cornillons s’ouvre sur le petit synclinal d’Agnerc qui se termine au pont de Gueydan, tout proche. Les strates sont très pentues et constituées de calcaire à nummulites, premier terme de la trilogie paléogène (éocène-oligocène inférieur). Les autres termes ont été enlevés par l’érosion (Var, Coulomp, en particulier). –ph26 à28.

Le synclinal de St Benoit qui fait suite montre le deuxième terme de  la trilogie, à savoir les marnes bleues. Les photos 29 et 30 ont été prises du pont de la reine Jeanne.

Le troisième terme est visible dans le synclinal d’Annot (aux scaffarels). Il s’agit des grès d’Annot –ph31 à33.

Dans le calcaire à nummulites, surtout vers le sommet de la formation qui est plus sableuse, plus détritique, on trouve de très nombreux fossiles : nummulittes, coraux, lamellibranches, gastéropodes dont Pirula helvetica, oncolites divers, oursins, terriers…..ils témoignent d’un environnement peu profond sous climat tropical.-ph34 à38. Mis en place dans le bassin flexural (transgression) ; les marnes bleues traduisent l’approfondissement du bassin par subsidence flexurale ; les grès d’Annot de nature turbiditique proviennent des massifs les plus proches (Maures-Estérel-Corse-sardaigne).

Ce sont des dépôts  dans le bassin flexural à l’avant de la chaîne alpine en formation et du massif Corso-Sarde encore présent au sud. En réalité ces dépôts se font dans des sous bassins selon la position des différents émissaires deltaïques fournisseurs de ces turbidites. –ph39 à41. A noter que l’Argentera n’est pas encore à  l’affleurement à cette époque et que le bassin flexural est aujourd’hui incorporé à la chaîne alpine-(voir page bassin flexural).

La traversée du dôme de Barrot par les gorges de Daluis se fait à partir du pont de Gueydan où un tunnel traverse la barre de calcaire à nummulites et en remontant le Var du sud vers le nord. La route recoupe la série jusqu’au permien (crétacé sup à permien). –ph42,43. Il y a peu d’arrêts possibles pour observer le crétacé sup plissé –ph44. Le cénomanien calcaréo-marneux fait suite ; il est injecté de gypse ; peu après la route des Sausses, on peut voir le contact du cénomanien avec les marnes noires de l’aptien-albien.-ph45 à 47. On passe ensuite le Barrémien, Hauterivien, Valanginien sans arrêts possibles et on arrive au pont de la Faye. –ph48 à 50. On peut voir en rive gauche du Var le Berriasien affecté de slumps, reliques de l’océan alpin en voie d’expansion, puis le tithonien, le kimméridgien et les terres noires callovo-oxfordiennes. Le  jurassique inf, n’est pas visible, recouvert de végétation.

Plus en amont, le village de Daluis bâti sur le trias sup , puis le muschelkalk dont les calcaires dolomitiques   épais et durs forment un relief imposant. Au loin les couleurs rouges du dôme de Barrot. –ph51,52. A la hauteur de Daluis, le gypse est à l’affleurement (gypse fibreux, saccharoïde…), entouré de calcaire dolomitique et d’argiles bariolées. C’est le niveau de décollement de la couverture qui glisse vers le sud et se plisse –ph4 et 53. Le parking (aire Rocciaia) permet de voir le muschelkalk solidaire du permien ; calcaire dolomitique et cargneule dont des blocs ont été déposés sur le parking –ph54. Au  parking (aire de la Roua) il y a  contact entre le sommet du permien  (pelites rouges) et le werfénien (trias inf) ; on peut voir une petite faille de décrochement avec crochons qui indiquent le mouvement. La roche est une arkose blanche on y voit aussi des conglomérats à galets de quartz, des granoclassements, des stratifications obliques : ce sont des sédiments issus de l’érosion de la chaîne hercynienne arasée au trias –ph55 à58.

Le permien est constitué essentiellement de pélites rouges qui pendent vers le sud , disposées en fines lamines; le climat très chaud, oxydant est responsable de cette couleur rouge. quand le milieu devient réducteur elles prennent une teinte verte. Cependant il y a aussi des cinérites vertes issues de projections ou de l’érosion de volcans aujourd’hui disparus –ph59.

Ces pélites se sont déposées sous une faible tranche d’eau, dans un mileu souvent asséché ; ainsi on trouve facilement des fentes de retrait, signe d’assèchement et d’émersion –ph60,61 et des rides (ripple marks) signe de remise en eau peu profonde-ph62. On trouve également en regardant bien des traces de gouttes de pluie sur ces pélites non encore consolidées et exposées à l’air libre. Traces de pluie fossile ! –ph63.

L’épaisseur des pélites est estimée à plus de 1000m. Pour permettre cette épaisseur dans un milieu peu profond, il y avait donc une subsidence par jeu de failles normales. On trouve quantité de failles normales, de petits grabens, -ph64 à67. Une petite incursion sur la D88 en direction de Villeplane permet de voir une faille normale plus importante avec crochons indiquant le sens du déplacement et une sismite dans les grès triasiques non encore indurés et secoués –ph68 à71.

A  partir de la cascade d’Amen, on passe sur le flanc nord du dôme et les couches pendent vers le nord –ph72 à 74. Le Var a entaillé profondément  le dôme et partout, la vue est exceptionnelle –ph75 à 78.

Un dernier arrêt au pont des Roberts, permet de voir,  outre le trias à plis déversés vers le sud –ph3- le contact du werfénien en légère discordance sur le permien à la base nord du dôme –ph79 à81.  Il est constitué de poudingues à galets de quartz, de grès ; ils présentent des granoclassements, des strtifications obliques comme sur le flanc sud –ph82,83. Des indices de cuivre (azurite, malachite) sont présents et rappellent que le cuivre natif a été exploité au 18 et 19ième siècle  (3000T/an) un peu plus haut sur le dôme –ph84,85.